The Handmaid’s Tale : la servante écarlate
Série créée par Bruce Miller
No spoiler

The Handmaid’s Tale, c’est une série dystopique dont l’histoire se base sur le livre de Margaret Atwood du même nom et datant de 1985. A la suite d’une crise écologique mondiale et d’une forte augmentation de maladies sexuellement transmissibles, le taux de natalité s’effondre. Une secte totalitaire formée d’hommes fondamentalistes en profite pour prendre le pouvoir aux Etats Unis par un coup d’Etat. Ils mettent d’abord fin à la Constitution, soit disant temporairement, et en profitent ainsi pour bloquer tous les comptes bancaires des femmes et leur interdire de travailler, tout ça afin de contrôler leurs corps et ainsi la natalité. Jusque là on connait, ça a un goût de déjà vu. Mais petit à petit, les libertés individuelles s’amenuisent et l’étau se resserre. On condamne à mort les dissident·e·s et les homosexuel·le·s, puis on attribue des rôles aux femmes, selon leur statut social et leur fertilité.

Pourquoi j’ai adoré ?

  • C’est un hymne aux femmes. On ne tombe pas dans les clichés habituels de la fâââme, douce et maternelle, qui fait passer les besoins des autres avant les siens. On y retrouve au contraire un riche panel de personnalités hautes en couleurs, amenées à vaciller d’un état à un autre, à l’image de la complexité humaine. A la femme qui se résigne pour survivre, à celle qui résiste silencieusement, à celle qui sombre dans la folie pour pouvoir mieux accepter son sort, à celle qui lutte…
  • Grâce à de nombreux flashbacks, on arrive à comprendre comment cette société en est arrivé là. Et ainsi comprendre comment nous pourrions en arriver là.
  • Le casting est au top ! Elisabeth Moss dans le rôle principal, qui était déjà fabuleuse dans Mad Men, Yvonne Strahovski, Samira Wiley -la superbe Poussey dans Orange is the New Black-, Alexis Bledel, Ann Dowd ou encore Madeline Brewer. Il y a quelques rôles masculins, dont Joseph Fiennes et Max Minghella, mais pour une fois ils ne sont là que pour servir le propos, l’histoire ne tourne pas autour d’eux.
  • La réalisation, le travail sur la lumière et la musique sont incroyables.

Mes reproches :

  • Ça manque de diversité, comme souvent. On pourrait imaginer que sous le joug d’une société patriarcale et totalitaire, le racisme serait exacerbé. D’ailleurs dans le livre de Margaret Atwood les afro-américain·e·s ont tou·te·s été déporté·e·s dans le midwest américain. Bruce Miller a fait le choix de passer là-dessus mais la diversité étant si peu représentée, on peut se demander si ce n’est pas juste parce que ce sont des blancs qui ont géré le casting. Dommage.
  • C’est une histoire essentiellement de femmes, mais racontée par un homme (Bruce Miller). Qu’on s’entende bien, il le fait très bien, se remet très souvent en question dans son travail et la série est destinée à tou·te·s et pas seulement aux femmes. Je regrette seulement que le monde cinématographique soit souvent dirigé et créé par des hommes.

Qu’est-ce que dénonce cette série ?

  • Qu’il existera toujours des personnes qui profiteront d’une crise pour prendre le pouvoir et/ou réinstaurer leurs valeurs rétrogrades et patriarcales. Comme le disait Simone de Beauvoir, « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. » Bon, elle avait oublié la crise écologique, mais l’idée y est.
  • Le fait que l’être humain se sente si indispensable qu’il n’envisage pas un monde sans sa présence.
  • Ça dénonce le totalitarisme bien entendu, mais surtout l’inertie générale. Chacun·e pense que ses droits lui sont garantis, que rien ne pourra menacer ses libertés individuelles. Le jour où ils décident enfin de réagir, il est déjà trop tard. Cette série est avant tout un avertissement, méfions nous de l’extrémisme des uns, mais méfions nous surtout de l’inertie des autres.
  • Au delà des inégalités entre hommes et femmes que cette série peut poser sur notre société actuelle, ça m’a aussi semblé être une métaphore du monde du travail et du capitalisme. Une minorité de puissants ont besoin de la force de travail de la majorité, afin de pouvoir conserver leur position privilégiée. Beaucoup aimeraient s’indigner mais ne le font pas, pensant que de toute façon rien ni personne ne pourra rien y changer.

Comme vous l’aurez compris j’ai adoré cette série et je vous la conseille vivement !
Pour celles et ceux qui l’ont vue, qu’en avez-vous pensé ?

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