Fléxi-Végé-Pollotarisme, c’est une maladie ?

Omnivore, flexitarien·ne, végétarien·ne, vegan… une multitude de choix de consommation s’offrent à nous. Pour celles et ceux qui ne comprennent pas grand chose à tout cela, j’ai voulu ici vous apporter quelques éclaircissements. Cela vous aidera peut-être à adapter votre consommation, ou au moins à relancer la discussion lors d’un dîner barbant.

En réalité c’est plutôt simple et si comme moi vous avez une mémoire de poisson rouge (pourtant je n’en mange pas), rien ne vous oblige à utiliser ces mots. L’important est de savoir qu’il existe une consommation adaptée à chacun·e et surtout qu’elle peut évoluer selon les étapes de vos vies et ce pour diverses raisons.

Les principaux modes de consommation

Omnivore

Se dit d’une personne qui mange de tout, cours de biologie niveau CE1-CE2.
L’être humain serait omnivore. Mais Gary Yourofsky, conférencier et militant de la cause animale, affirme que nous serions herbivores. Nos mâchoires et nos intestins ne seraient pas bien adaptés à la consommation de viande, entre autre.
D’autres pensent que nous sommes bel et bien omnivores, que cette consommation de viande a été une nécessité pour nos ancêtres qui ne cultivaient pas ou pas suffisamment, mais qu’aujourd’hui nous pouvons nous en passer si nous le souhaitons.

Flexitarien·ne (ou semi-végétarien·ne)

Se dit d’une personne qui ne mange que très occasionnellement de la viande, du poisson ou des fruits de mer. C’est parfois une étape transitoire avant de devenir végétarien·ne, ou un choix de vie pour une personne qui souhaite avoir une consommation responsable. Ça peut être de ne pas en manger chez soi, mais uniquement chez des amis ou au restaurant par exemple.

Vegétarien·ne

Se dit d’une personne qui ne manque aucun animal, donc ni viandes ni poissons ni fruits de mer ni insectes… enfin aucun animal quoi, vous avez compris. Donc on ne propose pas à un·e végétarien·ne une choucroute aux fruits de mer. Par contre une salade de patates c’est ok, parce que les patates ne sont pas des animaux (expérience vécue).

Pesco-végétarien·ne

Tout comme les végétarien·ne·s, le/la pesco-végétarien·ne ne mange pas de viande, mais mange du poisson et des fruits de mer.

Végétalien·ne (ou vegan ou bouffeurs de graines pour les comiques LV2)

Se dit d’une personne qui ne mange ni animal ni produit issu des animaux (lait, fromage, crème fraîche, oeufs, miel…).

Pollotariste (ou volaillo-végétarien·ne)

Se dit d’une personne qui ne mange pas d’animaux à l’exception de la volaille. Les pollotaristes ne mangent cependant pas de fois gras.

Les raisons de ces choix

1/ L’industrie agro-alimentaire est un désastre pour la planète.

Vous avez peut-être entendu parler du documentaire « Cowspiracy », réalisé par Kip Andersen et Keegan Kuhn et disponible sur Netflix, qui parle de l’impact de l’industrie agro-alimentaire sur notre environnement. Cette industrie est responsable de 50% des émissions de gaz à effet de serre. Actuellement nous élevons 70 milliards d’animaux dans le monde, soit 10 fois plus que la population mondiale. Il faut environ 2500 litres d’eau pour qu’on ait un steak haché de 150g dans notre assiette. Ca pousse à réfléchir non ?

Et pour parler des océans, le fondateur de Sea Sheperd, Paul Watson, affirme que « si les océans meurent, nous mourrons ». Les océans fournissent 50% de l’oxygène que nous respirons, régulent le climat, capturent le dioxyde de carbone et fournissent leur alimentation principale à des millions de personnes.

2/ Traiter l’animal d’égal à égal.

C’est ce qu’on appelle l’antispécisme. Cela revient à considérer que l’espèce humaine n’est supérieure à aucune autre et que nous ne pouvons donc pas décider de la manière dont on doit traiter telle ou telle espèce et de la considération morale qu’on doit lui accorder.

Outre la consommation de viande ou de poisson, les végétalien·ne·s sont dont contre toute forme d’exploitation. Prenons l’exemple du lait. Pour pouvoir en produire, les veaux sont séparés de leur mère dès la naissance, car le lait de leur mère est destiné à notre consommation et non pas à la leur. Les vaches sont exploitées, épuisées de devoir produire tant de lait et l’abattoir est leur seule perspective.

De plus, n’est-ce pas étrange de consommer le lait d’une autre espèce ?
Est-ce que ça vous viendrait à l’idée de prélever le lait maternel d’une femme et d’en faire du fromage que vous mangeriez entre la poire et le dessert ? Bien sûr que non, donc pourquoi le faire avec d’autres espèces ? Et pourquoi la vache plutôt que la truie ou la chienne ? Une opération a d’ailleurs été réalisée par PETA Royaume-Uni, où ils ont fait croire à des passants et à des panels de consommateurs qu’ils venaient de boire du lait de chienne. Les réactions sont magiques.

Enfin, nous avons perdu toute notion de rapport à la nourriture. Beaucoup d’entre nous seraient probablement incapables de tuer de sang froid un animal puis de le dépecer et le découper afin de le cuisiner. La raison à cela ? L’empathie probablement. Mais dans ce cas en quoi est-ce différent de réaliser cette action soi-même ou de payer quelqu’un pour le faire à notre place ? Le résultat est le même.

3/ Contre le mauvais traitement des animaux en abattoir ou dans les mers.

Certain·e·s ne sont pas contre la consommation de viande ou de poisson en tant que telle, mais contre les mauvais traitements infligés à de nombreux animaux, dans les abattoirs ou en mer. L’association L214 tente de sensibiliser les personnes à cela en diffusant des caméras cachées d’abattoirs français, entre autre. L’idée est d’arrêter de se mettre des oeillères et de prendre conscience de ce qu’implique notre assiette.

On en parle moins, mais la consommation de poisson est également très alarmante. Pour pouvoir pêcher toujours plus, il existe aujourd’hui des procédés de surpêche qui impliquent la mort d’espèces que nous ne consommons même pas. Requins, dauphins, tortues et bien d’autres peuvent se retrouver piégés dans des « murs » de filets et mourir de stress ou d’étouffement sous le poids des autres poissons.
C’est ce qu’on appelle « les prises accessoires ». Ce sont un peu comme des « dommages collatéraux » lors d’une guerre, un mal nécessaire… vraiment ?

4/ Pour des raisons de santé

Le lait

Le lait de vache est beaucoup trop riche pour le corps humain. Cette consommation favorise notamment le cholestérol, les cancers, l’ostéoporose et les maladies cardio-vasculaires.
Au delà de ça, les vaches sont souvent sous antibiotiques et hormones de croissance, donc en buvant leur lait, vous consommez ces saloperies sans même le savoir. Hormones qui favorisent notamment le cancer de l’ovaire et de la prostate.
Etant sur-exploitées, leurs pis développent des infections et lors de la traite, du pus et des bactéries se mélangent à leur lait, bon appétit !

La viande

La surconsommation de viande, en particulier de viande rouge, tend à augmenter le risque d’obésité, de diabète, de maladies cardio-vasculaires et de cancer du colon. L’OMS a d’ailleurs classé la viande rouge parmi les cancérigènes probables et les viandes transformées (charcuteries, nuggets, corned-beef, “cordon bleus”, etc.) parmi les cancérigènes certains.
Voir l’étude >

De plus, l’élevage est responsable de l’apparition de certaines maladies telle que la grippe aviaire. D’un point de vue nutritionnel, il faudrait diviser au moins par deux notre consommation de produits d’origine animale.
Pour en savoir plus >

Le poisson

Du fait de sa contamination au mercure, le poisson pourrait être toxique pour le système nerveux central de l’être humain. Mais en consommant du poisson pas plus de 2 fois par semaine, l’ANSES estime que le risque serait très faible.
Pour en savoir plus >

Les oeufs contaminés

Le fipronil est un insecticide utilisé pour éradiquer le poux rouge chez les poules. Son utilisation est interdite sur les animaux destinés à la chaîne alimentaire dans l’UE. Or récemment, dans une centaine d’élevages des Pays-Bas, il s’est avéré que les taux de fipronil dépassaient largement les seuils autorisés par l’UE. Des millions d’oeufs contaminés par le fipronil ont été trouvés dans 17 pays européens, 250 000 oeufs en France depuis avril.

Selon l’ANSES, « Le risque de survenue d’effets sanitaires apparaît très faible ». « Cela ne veut pas dire que la présence de fipronil dans les oeufs est acceptable. Elle ne l’est pas. Mais nos constatations nous permettent de dire qu’il faudrait consommer une dose quotidienne vraiment importante d’oeufs contaminés pour être exposé à sa toxicité » (10 oeufs par jour pour un adulte).
Voir le compte rendu >

Mais toute cette histoire pose la question de la traçabilité, de la provenance des oeufs, des conditions de vie des poules. Lorsque nous achetons des oeufs, nous pouvons notamment vérifier le mode d’élevage (grâce à ce chiffre de 0 à 4 inscrit sur la coque) et le code ISO indiquant l’état membre d’enregistrement. Mais rien n’oblige les industriels à indiquer sur les emballages de produits préparés le type d’oeufs utilisés dans leurs recettes. Selon Xavier Denamur, restaurateur militant et auteur du livre Et si on se mettait enfin à table (éd. Calmann-Lévy, 2015), « notre corps n’est pas fait pour ingurgiter tous ces colorants, tous ces additifs… Il y a des choses insoupçonnées dans ce genre de produits, moi-même j’en découvre tous les jours ! Alors oui, c’est sûrement très pratique pour les industriels. Mais bizarrement, c’est beaucoup moins drôle pour la santé. »
Voir la tribune de Xavier Denamur >

Conclusion

Donc pour résumer, il existe une consommation adaptée à chacun·e. Vous pouvez même vous en créer une, manger de la viande uniquement les jours premiers, manger du poisson seulement quand il pleut… vous faites ce que vous voulez en fait.
Parce que notre mode de consommation, je le vois un peu comme une religion ou un vote. C’est personnel, on peut en parler autour de nous et expliquer le bien que ça nous fait si on le souhaite, mais il ne faut pas essayer de convertir les gens ni d’insulter leurs choix, car ça aurait l’effet inverse de celui attendu.
Il existe d’autres courants que je n’ai pas évoqués (liquidariens, frugivores, granivores…), mais n’hésitez pas à nous en parler en commentaires !

2 Commentaires

    • Je comprends, l’idée des hormones, du pus et des bactéries n’est pas vraiment appétissante 🙂 Vous pouvez également consommer du lait végétal : soja, amande, riz… qui possèdent des propriétés adaptées aux besoins nutritionnels des adultes et sont très bons pour la santé.

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