Ce mot n’a pas beaucoup la cote ou alors dans certains milieux il l’a peut-être trop ?
Ne pas savoir quoi faire avec son argent, ne pas se décider est une décision en soi.
Alors voici un article succinct étudiant la question.

Le constat

Il y a plus de deux ans j’en venais à la réflexion suivante : dans une démarche personnelle d’amélioration de mon impact environnemental est venue la question de l’argent. L’épargne ou l’argent que je mettais de coté devait surement avoir un impact plus ou moins positif en terme d’émission de gaz à effet de serre (Méthane CH4 et Dioxyde de carbone CO2 essentiellement). Je pouvais surement améliorer ce point. Concrètement qu’est-ce que je finançais sans le savoir ?
La solution n’est pas évidente et je ne pense pas encore avoir trouvé. Si la meilleure décision semble être d’investir sur soi-même, ses capacités, ses passions, alors je n’ai pas encore trouvé le filon, cette passion, cette nouvelle entreprise à monter qui demanderait un fort investissement financier. La raison vient du fait que mon courage est trop éphémère sur cet aspect de ma vie aujourd’hui.

Que finance votre argent ?

Alors si on a la chance d’avoir une épargne assez conséquente par rapport à ce qu’on dépense pour la vie de tous les jours, qu’est-ce qu’on peut bien en faire ?
Il peut s’agir d’un apport personnel pour acheter sa future maison, son futur appartement, sa prochaine voiture etc.
Classiquement dans mon entourage du moins et ce qu’on retrouve dans les banques classiques, c’est le livret A et le livret développement durable. Les plafonds sont respectivement de 22950€ et 12000€ et si les taux d’intérêts annuels étaient de 4 à 5% il y a 10 ans ils sont à 0,75% aujourd’hui. Autant dire que cela ne compenserait même pas une inflation – cette hausse des biens généraux d’une société en croissance.

Mais où est votre argent ?

La banque elle par contre est bien décidée sur ce qu’elle fait de votre épargne, elle investit ! Et là bienvenue dans le monde de la finance, il s’agit de portefeuilles bien rodés comprenant surement des actions, des obligations, des assurances, des parts d’entreprises… le tout plus ou moins bien diversifié.
Très concrètement vous ne savez pas ce que finance votre argent. Tant que vous n’entendez pas de scandale tout va bien, mais qui vous dit que vous ne financez pas la fabrication d’armes, des mines de charbon, des produits douteux et autres symboles de la puissance humaine ?

Les nouvelles banques

Après avoir fait ce constat, je me suis tourné vers les nouvelles banques telles que la nef ou le crédit coopératif, prônant l’engagement social et environnemental : votre argent finance des projets sociaux solidaires et environnementaux. D’accord et donc quels sont ces projets ? Je parle de ceux qui ne sont pas mis en avant dans les publicités.
C’est un premier pas plutôt positif, mais concrètement ça nous avance pas plus pour savoir réellement ce qu’ils font de cet argent. Les nouvelles banques n’ont pas changé fondamentalement et le brouillard est toujours présent.

Une autre démarche ?

J’ai donc regardé un peu plus loin, et investi des sommes raisonnables par rapport à mon épargne complète sur deux sites Lumo et Unilend qui proposent de la finance participative ciblée. Ils donnent la possibilité de choisir les projets que l’on finance. L’argent est par contre bloqué pour plusieurs années (10 à 15 ans généralement) et les taux sont relativement faibles si on prend en compte l’imposition sur le revenus et les cotisations sociales.

L’idée, avant d’investir sur moi-même, est de financer la transition durable mais aussi de combiner un intérêt positif. Est-ce mal de vouloir s’enrichir ou faire fructifier une épargne en attente de projet ? Le raisonnement est très certainement capitaliste ici mais je me place dans notre société actuelle qui l’est.

Ainsi j’avais enfin la possibilité de décider ce que je finançais, mais le fait de bloquer mon argent en plus de le mettre tout de même à risque ne m’a pas mis totalement en confiance et je n’ai donc pas osé mettre l’ensemble de mon épargne là-dessus.

En apprendre plus

J’ai donc décidé d’aller encore plus au fond du système financier avec deux livres :
The intelligent Investor – Benjamin Graham, qui est une référence mondiale.
2 Money Master the Game: 7 Simple Steps to Financial Freedom – Tony Robbins, mise en forme pragmatique des conseils de 50 personnalités les plus intelligentes et riches de la finance américaine et mondiale.

Les changements de paradigmes ont été assez puissants, et cela m’a permis d’apprendre beaucoup d’un monde inconnu pour bon nombre d’entre nous.

Après ces lectures, j’ai compris les bases du système économique, j’ai appris les principales stratégies d’épargne pour la retraite (grand enjeux aux Etats-Unis par exemple), les stratégies d’investissement. J’ai pris un gros recul sur ma vie, j’ai pris encore plus conscience du prix de certains de mes rêves qui n’est pas si éloigné que l’on pourrait penser. Cela m’a fait réfléchir à comment je pouvais investir directement dans des entreprises auxquelles je croyais, du moins que je pense être bénéfiques pour la société.

J’ai donc pu comprendre et regarder avec ma banque les modalités d’investissement pour pouvoir investir. Ma démarche est bien évidemment long terme et spéculative. Long terme car tant que je n’éprouve pas le besoin d’utiliser cet argent pour un projet immobilier ou de création d’entreprise ou autre, je compte qu’il serve des causes qui me tiennent à cœur en attendant. Spéculative car je souhaite récupérer plus d’argent après l’avoir investi. Cela veut aussi dire que je ne fais pas de la « spéculation » qui communément peut se représenter par de l’achat et de la vente rapide, quasi-journalière d’actions.

J’ai bien sûr réfléchi au don de toute cette épargne, mais d’une part cette solution ne me mettrait pas dans une situation de confiance car je serais encore moins libre par rapport à l’argent et encore plus focalisé dessus pour pouvoir vivre, et plus fondamentalement, cela ne réglerait pas la problématique que cet article propose de confronter.

La solution qui me satisfait le plus

Finalement j’ai fais le choix d’investir sur des actions individuelles que je choisis et non un portefeuille composé de plusieurs actions d’entreprises. Les entreprises que je finance indirectement sont en accord avec ma vision future d’une société durable et doivent réaliser cette démarche depuis plusieurs années. Bien sûr cette manière d’investir met à risque mon épargne qui peut être à 100% « perdue » si les entreprises choisies font faillite par exemple. Mais il n’empêche qu’aujourd’hui je n’ai pas trouvé de meilleure solution pour épargner pour de grands projets en accord avec mes convictions.

Le seul inconvénient et il est de taille est de continuer à contribuer à un système économique auquel je ne crois pas, mais qui aujourd’hui fonctionne de cette manière.
Si vous avez des suggestions et des idées sur la manière dont vous gérez votre épargne n’hésitez pas à partager en commentaires car je suis toujours à la recherche d’une solution permettant d’émettre le moins de gaz à effet de serre tout en restant contributeur d’une société durable.

2 Commentaires

  1. Bravo pour vos belles idées mais ATTENTION à ne pas être trop NAÏF dans ce domaine! des officines sous couvert du bien , à toute les époques ont ruiné de braves gens!
    Notre époque hélas est championne du genre.
    Une règle ne jamais mettre ses oeufs dans le même panier, le minimum demander des garanties sérieuses.
    D’abord bien établir sa situation matérielle personnelle: Je crois que si l’on veut aider efficacement les autres il faut être en position de confort.
    Si on s’est fait “plumer”je doute que l’on demeure positif. J’ai des exemples….

    • Bien sur, c’est pourquoi de la lecture s’impose, mais il peut aussi s’agir d’opportunité à observer et à comprendre ! Le but ici est d’élever la réflexion sur l’argent.

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