Départ

Je longeais la plage du port pour aller au ponton nord comme Jeva m’avait signalé en sortant du bar. Il faisait encore nuit. Il ne pleuvait pas heureusement, mais l’air était lourd, orageux et la mer était agitée. Je ne voyais pas la Lune. 

J’entendis soudain un cri puissant dans le ciel qui me fit ralentir le pas tellement il était crispant. C’était sûrement un oiseau mais je ne connaissais pas ce cri. Je levais la tête et tressailli. Une masse assombrie par l’obscurité tournait autour de ma tête. On le repérait car il volait bas, mais tout de même assez haut pour que je distingue vraiment les détails de ses ailes. Je continuais de marché en accélérant le pas. 
Je réfléchissais à toute vitesse au type d’oiseau que ça pouvait être. C’était trop petit pour être une mouette ou un goéland, animaux typique de la côte. Même les fous de bassans n’étaient pas aussi large d’envergure et restaient en haute mer. Puis ce cri ! J’avais appris que l’espèce des aigles s’était éteinte il y a quelques années. J’avais déjà vu des faucons dans ma jeunesse mais ils étaient bien plus petits. Tout ça était très étrange. 

Je continuais sur le ponton et aperçu Jeva dans son bateau. Il n’y avait que son bateau d’ailleurs sur le ponton. Plus je m’approchais plus je pu voir que le bateau ne ressemblait à rien de ce que je connaissais. Tout de noir, il avait une forme de grande bulle aérodynamique comme les vaisseaux spatiaux science-fiction. Je ne voyais pas de mat ni de voile et je m’attendais à plus grand pour traverser l’atlantique. Il devait faire maximum 10 mètres (25-30 pieds si on parle à un marin), la forme m’indiquait aussi qu’il devait devait être rapide. 
Deux grand panneaux entouraient la coque pour plonger sous l’eau en suivant la courbure de la coque. Cela devait être des foils. C’est ce qui permettait au bateau de se soulever en avançant de l’eau pour voler juste au dessus de l’eau.

Je saluais Jeva de la main et m’annonça. Il ne fut pas surpris. Il avait l’air d’une humeur sombre, et en tournant à peine la tête me fit signe de monter rapidement et déclara « Salut, je ne sais pas ce qu’il s’est passé pendant la nuit, mais les batteries sont déchargées et le chargeur du port est en panne. Il y a quelque chose qui ne me plait pas. On va partir car l’orage monte. Je n’aime pas rester à plat et il ne faut pas rester dans les parages à mon avis. Je vais partir en manuel. Il va falloir recharger en route. »
Je répondis qu’il n’avait qu’à me dire quoi faire et je l’aiderais du mieux que je pourrais. Il me dit de poser mon sac dans la cabine à gauche. 

Lorsque je montais sur le bateau il était plutôt stable pour quelque chose de flottant. Cela faisait longtemps que je n’étais pas aller en mer. J’espère que je n’aurais pas le mal de mer ça me rendrais moins crédible devant Jeva et j’avais besoin de lui pour une longue traversée. 
Je posais mon sac et eu à peine le temps de voir l’intérieur qui paraissait plus spacieux que ce que j’avais imaginé. Un deuxième cri d’oiseau retenti. Celui-ci était beaucoup plus strident que le premier comme un avertissement meurtrier. Jeva hurla : « Je le savais, la garde nautique approche, ils nous ont tendu un piège ! S’ils nous arrêtent on est finis ». J’eu un grand frisson. C’en était plus que fini pour moi. Adieu le voyage et bonjour la prison, pire, je pouvais mourir. Comment on allait bien pouvoir s’en sortir. Je ne pouvais que faire confiance à Jeva car même m’enfuir n’aurait servi à rien, je ne pouvais pas rester en ville non plus car j’était recherché et tôt ou tard je devais aller en Amérique. C’était mon seul espoir.

Je vis Jeva sortir un grand couteau de sa ceinture et il me le tendis : « À mon signal tu vas couper le bout rouge qui retient le navire au ponton ». 
Je compris que je n’avais pas le droit à l’erreur. Je pris le couteau et m’empressais de sortir pour trouver le bout rouge. En sortant je voyais des gyrophares et distinguais un zodiac noir qui rentrait dans le port et qui se dirigeait vers nous.
Il me cria : « tiens-toi prêt et accroche toi ». 
Je perdis l’équilibre car mes jambes ne me répondait plus à cause de la vision de ce qui pouvait se passer si la garde débarquait sur le bateau. Mais je réussi à me raccrocher au bord du bateau près du ponton. Je voyais le bout rouge, il n’était pas très gros. Je senti une forte bourrasque de vent sur moi et manqua de perdre l’équilibre encore une fois. Il y a avait beaucoup de vent. Je trouvais une prise sur la coque et pris dans mon autre main le bout avec le couteau. Je retournais la tête pour attendre l’ordre de Jeva et lui cria que j’étais prêt. 

Je vis le zodiac de la garde approcher dangereusement, ils n’étaient plus qu’à quelques dizaines de mètres. Les sirènes étaient puissantes et il fallait crier fort se faire entendre. J’entendis Jeva frapper à plusieurs reprises sur le toit de la cabine. Puis en une fraction de seconde le toit de la cabine s’éjecta puissamment vers le ciel. Jeva se mit tout de suite à son poste de commande. Il fit tourner une manivelle qui orienta les foils du bateau vers le quai comme pour y prendre appui. Il prit une grande barre dans ses mains dont les extrémités tenaient des câbles puis me regarda en souriant : « Prêt !? » « Maintenant ! » cria-t-il. 

Je pris mon couteau dans ma main droite et le bout dans la main gauche. Il était en tension et craquelait. Je dus m’y prendre à plusieurs reprise et lorsque je réussi à sectionner le bout mais avec le dernier cout de couteau que je mis me fis partir en arrière et me cogna le dos sur la coque. En même temps que j’entendais les sirènes tellement rapprochées de nous que j’imaginais déjà le zodiac sur notre bateau. Je pu aussi voir ce qui passait dans les airs. l’énorme oiseau volait à coté d’une aile bien plus gigantesque que lui encore et de couleur noire. C’était la voile qui s’était dépliée. A peine aperçus-je les câbles qui la tenaient qu’un choc retenti dans tout le bateau. Heureusement que j’avais de quoi me tenir au bateau sinon je serais tomber à l’eau entre le bateau et le quai. 
L’aile du bateau plongea de l’autre coté du ponton à toute vitesse puis remonta dans une manoeuvre que Jeva entreprenait. Jeva hurla et d’un mouvement brusque je sentis le bateau pivoter sur le ponton pour partir en survolant le ponton, les foils avaient tournés en appuie le ponton pour aider la coque à passer le ponton. 

J’eu à peine le temps de comprendre ce qu’il se passait que je sentis un deuxième choc lors de l’atterrissage. Nous avions passé le ponton et nous nous retrouvâmes en pleine mer. La garde devait contourner le ponton. Toutefois cet atterrissage aussi beau fut-il me fut presque fatal. Ma tête cogna contre la coque et je fus sonner pendant quelques secondes. La seule chose sur laquelle je pu me concentrer était de ne pas lâcher prise. Si je tombais en mer avec cet obscurité, Jeva ne serait pas revenu me sauver et la garde m’avait moi en tentative de fuite, sans identité. le plus haut crise du pays.

Je ressentis une accélération du bateau comme je n’avais jamais ressenti. J’ouvrais les yeux et m’aperçu que nous volions au dessus de l’eau. Les foils devant moi du coté droit de la coque, à tribord, plongeaient dans l’eau. Une grande gerbe d’eau s’éjectait vers l’arrière du bateau. 

Un troisième cri retenti. Si on pouvait mettre une émotion sur un cri d’oiseau, il s’agissait de joie.

Song for Lindy – Fatboy Slim