J’ai utilisé le service Vélib’ depuis sa création en 2007/2008. Après une pause de quelques années, j’ai pu réutiliser le service en 2014 jusqu’à aujourd’hui. Je l’ai adopté à un tel point que je ne prends plus d’abonnement navigo (métro parisien) depuis fin 2015.

J’utilise le métro très occasionnellement s’il pleut beaucoup exactement aux horaires pour aller et revenir du travail ce qui arrive en fin de compte très rarement. J’ai du arrêter le velib et utiliser les tickets de métro pendant une période de quasiment une année pendant le changement de service.

J’ai l’opportunité d’habiter et de travailler dans Paris. Cela facilite les déplacements en vélo. Le trajet me prend environ 30 minutes l’allé.

Je partage cette expérience de cycliste qui peut intéresser les automobilistes et les piétons afin qu’ils puissent mieux comprendre ce qui se passe dans la tête d’un cycliste. Et qui sait, cela pourra aussi donner envie à certain.es de monter sur un vélo.

1 Premiers Principes Physiques appliqué au vélo

​Ce qui est déterminant pour un cycliste est l’effort physique à fournir pour avancer.

Le vélo est en effet l’un des moyen le plus efficace en terme de rendement mécanique entre l’effort musculaire fourni et l’effort restitué par le système de la chaîne et des pignons entraînant la roue arrière.

Cela est primordial et explique beaucoup de choses, notamment le fait qu’un cycliste va tout faire pour s’arrêter le moins possible; En langage pratique ça veut dire griller des feux rouges et passer aux passages piétons si cela n’est pas « dangereux ».

Concernant les vélos dit « électriques », il s’agit d’une assistance électrique. Les muscles fournissent le premier effort et ensuite l’assistance se déclenche en fonction de l’effort fourni.

Bref, le “start & stop” est la dernière option que l’on souhaite en vélo.

2 Légitimité et priorité

Si l’on peut considérer que l’un des principaux objectifs d’un état est d’assurer la sécurité et la bonne santé de ses citoyens, alors l’une des plus grande menace pour la survie de l’humanité est leurs propre émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, les océans et les forêts. En clair je parle des émissions de dioxide de carbone (CO2).

Comme le Groupement Inter-gouvernemental pour l’Etude du Climat (GIEC) l’a déjà observé, modélisé et conclu avec de plus en plus de certitude (95 % à son 5ème rapport sortie en 2014), cela grâce à une meilleure technologie d’observation et de modélisation, les émissions de CO2 proviennent des combustibles fossiles. Nous extrayons du carbone enfoui depuis plusieurs centaines de millions d’année, nous le brûlons dans des moteurs et les gaz qui en ressortent vont aller dans l’atmosphère, les océans et les forêts.

Pour l’atmosphère ça restera un ou deux siècles.

Ensuite, l’élément principal qui donne la possibilité aux humains et à une grande partie de la faune et la flore est l’air (constitué d’azote et d’oxygène en majorité puis 1% d’autres composés). Pour rappel, un humain ne peut tenir à peine quelques minutes sans air. Il est prioritaire par rapport à l’eau et aux aliments.

Cet air est pollué par les différents gaz et particules fines que peut produire tous les éléments de la ville. Les transports ont la part lourde dans ces particules et gaz.

La priorité logique pour une ville aussi grande que Paris est donc d’avoir un air moins pollué et d’émettre moins de CO2.

Il est toujours très difficile de bien définir les postes d’émissions, mais les transports sont présents dans presque toutes les catégories. Si vous dites agriculture, une grande part des émissions proviennent de tous les transports qui y sont liés.

Les tracteurs et autres machines pour planter, faire pousser et récolter, les camions et véhicules pour transporter les marchandises, enfin la fin de la chaine de transports résidentiels et professionnels pour aller chercher ses aliments dans les supermarchés et marché.

Tout cela tourne aujourd’hui au pétrole. Les voitures thermiques, les camions et les autobus qui roulent au pétrole sont donc une part du problème. Ainsi, les transports publics (métro et bus car ils divisent beaucoup les émissions par personne) et le cyclisme deviennent plus légitimes.

Un autre objectif important intrinsèque à une ville est sa fluidité, c’est à dire la liberté de mouvement qu’elle accorde à chacun.ne, faire en sorte que les personnes puissent se rencontrer, se rassembler, se déplacer au coeur de la ville. C’est mon opinion.

Les villes se sont construites autour des fleuves pour le transport de marchandises et ensuite les routes ont été construites pour que les voitures (à cheval dans un premier temps) puissent voyager facilement.

Aujourd’hui, si vous regardez une rue ou mieux une intersection, il est vraiment surprenant de voir que la plus grande partie de l’espace est consacrée à ce qui est aujourd’hui le problème principal dans notre société : les voitures thermiques.

Une étude présentée dans le journal terraeco très interessante compare la place allouée aux différents mode de transport de la ville sur des grands carrefours.

Les piétons et les cyclistes ont beaucoup moins d’espace que les voitures et les transports publics.

Finalement, si on devait créer une échelle de légitimité basée sur ces critères en ajouter la pollution sonore (bonus pour être sur que les piétons et vélos soient premiers !) je dirais que l’échelle serait :

  1. Piétons
  2. Cyclistes
  3. Transports en commun
  4. Voitures, scooters et camions

3 Sécurité et danger – la loi du plus fort ?

Soyons clairs, il n’est pas dangereux de faire du vélo à Paris. Les voitures sont celles qui sont dangereuses pour les cyclistes et les piétons. Ensuite, les cyclistes sont dangereux pour les piétons. Le danger vient donc des voitures et évidemment du comportement du cycliste.

Le nombre de cyclistes est un grand facteur de sécurité. Il y a trois ou quatre ans, il n’y avait pas autant de cyclistes sur la route que maintenant. C’est un moyen de rendre la collectivité plus sûre parce que nous sommes plus nombreux, donc plus visibles pour les conducteurs, de sorte que les conducteurs le remarquent et seront moins enclins à forcer leur route.

31 morts sur les routes à Paris en 2017 :

  • 13 piétons
  • 13 deux roues motorisés
  • 3 4 roues
  • 2 cyclistes.

De plus, de nombreuses voies pour cyclistes se construisent rapidement (jamais assez rapide). 

Loi du plus fort

On est le plus petit gabarit sur la route à part peut-être avec les skateboards/trotinette qui débarquent de plus en plus.

Cela veut dire qu’il faut clairement ne pas se laisser faire et que les voitures/scooter peuvent – et certains pas tous, ne s’en privent pas – en profiter pour forcer les passages avec un peu de pression.

Cela dit, en tant que piéton et cycliste j’ai majoritairement eu le dernier mot/un laisser le passage si je me lançais. Pour se donner un peu de confiance en soi, l’idée derrière ça c’est de se dire que l’automobiliste et le scooter seront très très embêter s’ils renversent un piéton ou un cycliste.

Cette peur – le retard, l’argent, les réparations des dégâts sur la voiture/scooter est plus grande que l’envie de forcé le passage.

L’autre versant, c’est qu’on est plus « puissant » ou disons rapide et plus impressionnant qu’un piéton. Donc nous nous permettons de forcer le passage. Pas moi bien sur parfait cycliste. J’en profite pour faire mon mea culpa.

Je fais attention à laisser les piétons même si cela m’oblige à m’arrêter alors que je viens tout juste d’accélérer. Heureusement la même approche qu’entre vélo/voiture peut s’appliquer, à savoir, nous serions très embêter de renverser un piéton sachant d’autant plus que cela nous ferait très facilement tomber.

D’expérience, cette peur est plus grande que la pression de vouloir passer à tout prix.

Si un piéton s’engagent avec confiance, nous le remarquons facilement et nous nous adaptons, soit en freinant et en passant juste derrière. Je dirais que finalement, l’un des éléments important est au piéton d’avoir confiance et de s’engager; Ce serait peut-être la meilleure chose à faire pour que les cyclistes arrêtent de faire complètement n’importe quoi. 

Je tiens à préciser qu’avec ma conduite, en plus de 4 ans de cyclisme quasi quotidien, je n’ai pas eu d’accident qui ont blessé une autre personne ou moi-même.

Il m’est arrivé de freiner et d’arriver très proche d’un piéton s’étant engager rapidement et mon arrêt était précipiter. J’ai du toucher deux rétroviseurs de voiture qui était très proche d’une piste cyclable. 

4 Les feux rouges, nos meilleurs amis. 

Merci à la ville de Paris d’avoir mis ces pictogrammes qui nous permettent de passer aux feux rouges si aucun piétons ne traversent bien évidemment pour généralement tourner à droite. 

Cela dit, rappelons tout de même que les feux rouges sont une injustice. Ils ont été inventés pour les voitures au départ. Alors pourquoi les cyclistes seraient-ils obligés de les respecter ? 

Le premier principe que j’applique pour cela est la sécurité et la fluidité. Je vais décélérer si j’arrive à un feu rouge pour laisser passer les piétons et de ne pas les effrayer. Ils sont prioritaires. Ensuite, s’il n’y a pas de voitures circulant sur la voie perpendiculaire alors je m’engagerais et grillerais le feu. 

5 Profiter de la balade

Plus il y a de cyclistes, plus je passe du temps derrière eux. J’ai donc récemment changé ma manière de faire du vélo car je me retrouvais plus souvent derrière un vélo sans trop de possibilité de doubler sur les trajets domicile-travail.

J’essaye de prendre plus de plaisir et moins comme une course contre le temps. 

Moins de sueur et plus de plaisir avec l’audio, le podcast et d’autres choses. Oui, je sais que c’est interdit à Paris, mais je pense que c’est une autre injustice. Pourquoi les automobilistes ont-ils le droit d’écouter de la musique dans leur voiture si les cyclistes n’y sont pas autorisés ? 

Ne vous inquiétez pas, même avec de bons écouteurs, nous entendons vos klaxons d’ailleurs interdits dans une ville par la loi.

L’autre avantage du vélo actuellement est le fait qu’il s’agirait du moyen le plus rapide en moyenne

La nouveauté interessante qui va rendre encore plus plaisant le vélo est la possibilité d’aller dans n’importe quelle rue à contre sens (automobiliste gardez votre sang froid s’il vous plait).

Cela arrive pour 2020. Plus précisément les vélos sont déjà autorisés à rouler à contre-sens pour n’importe quelle rue en zone 30. Le bonus ici c’est que Paris deviendra intégralement « zone 30 » en 2020 (hors grands axes).

J’ai simplement tenté d’expliquer ce qui peut se passer dans l’esprit d’un cycliste. Est-ce bien ou mal, à vous de juger. 

Si vous intégrez cela, alors vous comprendrez mieux ce qui se passent à un carrefour et lors des passages piétons. 

1 COMMENTAIRE

  1. Ah !j’en apprend des choses sur le vélo en ville: A Cabourg l’an dernier il m’arrivait de prendre en sens interdit, avec prudence la rue à 30 kmh. mais comme je me sentais coupable….
    Bon exemple, ta grand -mère qui dans sont âge avancé vient de s’acheter un vélo pour le fun avec le problème à la campagne de chemins défoncés et de petite routes pas entretenues et dangereuses .( étroites avec bords défoncés )
    Chacun ses problèmes l’important c’est de faire des émules!

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